Quand la Terre était jeune, aucun papillon ne volait ça
et là dans les airs et n'illuminait les jours de printemps et d'été
de leurs ailes portant les couleurs de l'arc-en-ciel. Il y avait des reptiles,
qui furent les ancêtres des papillons, mais ils ne savaient pas voler
; ils ne savaient que ramper par terre. Ces reptiles étaient magnifiques, mais le plus souvent
les humains, lorsqu'ils se déplaçaient, ne baissaient pas
les yeux vers la terre, aussi ne voyaient-ils pas leur beauté.
En ces temps-là, vivait une jeune femme qui s'appelait
Fleur de Printemps et qui était une joie pour tous ceux qui la connaissaient.
Elle avait toujours le sourire et un mot gentil à la bouche, et
ses mains étaient semblables au printemps le plus frais pour ceux
qui étaient atteints de fièvre ou de brûlures. Elle posait ses mains sur eux et la fièvre aussitôt
quittait leur corps. Quand elle atteignit l'âge adulte, son pouvoir
devint encore plus fort et, grâce à la vision qu'elle avait
reçue, elle devint capable de guérir les gens de la plupart
des maladies qui existaient alors.
Dans sa vision, d'étranges et belles créatures volantes
étaient venues à elle et lui avaient donné le pouvoir
de l'arc-en-ciel qu'ils portaient avec eux. chaque couleur de l'arc-en-ciel
avait un pouvoir particulier de guérison que ces êtres volants
lui révélèrent. Ils lui dirent que pendant sa vie elle serait capable de guérir
et qu'au moment de sa mort elle libérerait dans les airs des pouvoirs
de guérison qui resteraient pour toujours avec les hommes. Dans
sa vision, il lui fut donné un nom : Celle qui tisse dans l'air
des arcs en ciel.
Tandis qu'elle avançait en âge, celle qui tisse dans
l'air des arcs en ciel continuait son travail de guérisseuse et
dispensait sa gentillesse à tous ceux qu'elle rencontrait. Elle
rencontra aussi un homme, un voyant, et elle le prit pour mari. Ils eurent ensemble deux enfants et les élevèrent
pour qu'ils soient forts, sains et heureux. Les deux enfants avaient aussi
certains pouvoirs de leurs parents et eux-mêmes devinrent plus tard
des guérisseurs et des voyants.
Tandis qu'elle vieillissait, le pouvoir de celle qui tisse dans
l'air des arcs en ciel grandit encore et tous ceux qui vivaient dans les
environs de la région où elle habitait vinrent à elle
avec leurs malades, lui demandant d'essayer de les guérir. Elle
aidait ceux qu'elle pouvait aider. Mais l'effort de laisser passer en elle tout le pouvoir finit
par l'épuiser et un jour elle sut que le moment de remplir la seconde
partie de sa vision approchait. Tout au long de sa vie, elle avait remarqué
que des reptiles magnifiquement colorés venaient toujours près
d'elle quand elle s'asseyait par terre. Ils venaient contre sa main et
essayaient de se frotter contre elle. Parfois l'un deux rampait le long
de son bras et se mettait près de son oreille.
Un jour qu'elle se reposait, un de ces reptiles vint jusqu'à
son oreille. Elle lui parla, lui demandant si elle pourrait faire quelque
chose pour lui, car elle avait remarqué que lui et ses frères
et soeurs lui avaient toujours rendu service. "Ma soeur, dit celui qui rampait, mon peuple a toujours été
là pendant que tu guérissais, t'assistant grâce aux
couleurs de l'arc en ciel que nous portons sur le corps. A présent que tu vas passer au monde de l'esprit, nous
ne savons comment continuer à apporter aux hommes la guérison
de ces couleurs. Nous sommes liés à la terre et les gens regardent
trop rarement par terre pour pouvoir nous voir. Il nous semble que si nous
pouvions voler, les hommes nous remarqueraient et souriraient des belles
couleurs qu'ils verraient. Nous pourrions voler autour de ceux qui auraient besoin d'être
guéris et laisserions les pouvoirs de nos couleurs leur donner la
guérison qu'ils peuvent accepter. Peux-tu nous aider à voler
?" Celle qui tisse dans l'air des arcs en ciel promit d'essayer.
Elle parla de cette conversation à son mari et lui demanda si des
messages pourraient lui venir dans ses rêves.
Le matin suivant il se réveilla, excité par le rêve
qu'il avait fait. Quand il toucha doucement Celle qui tisse dans l'air
des arcs en ciel pour le lui raconter, elle ne répondit pas. Il
s'assit pour la regarder de plus près et il vit que sa femme était
passée au monde des esprits pendant la nuit.
Pendant qu'il priait pour son âme et faisait des préparatifs
pour son enterrement, le rêve qu'il avait eu lui revint en mémoire
et cela le réconforta. Quand le moment fut venu de porter Celle
qui tisse dans l'air des arcs en ciel à la tombe où elle
serait enterrée, il regarda sur sa couche et, l'attendant, se trouvait
le reptile qu'il pensait y trouver. Il le ramassa avec précaution
et l'emporta.
Tandis que l'on mettait le corps de sa femme en terre et qu'on
s'apprêtait à le recouvrir, il entendit le reptile qui disait
: "Mets-moi sur son épaule à présent. Quand
la terre sera sur nous, mon corps aussi mourra, mais mon esprit se mêlera
à l'esprit de celle qui fut ta femme, et ensemble nous sortirons
de terre en volant. Alors nous retournerons vers ceux de mon peuple et
leur apprendrons à voler de façon à ce que se poursuive
le travail de ton épouse. Elle m'attend. Pose-moi à présent."
L'homme fit ce que le reptile lui avait dit et l'enterrement se
poursuivit. Quand tous les autres furent partis, l'homme resta en arrière
quelques instants. Il regarda la tombe, se souvenant de l'amour qu'il avait
vécu. Soudain, de la tombe sortit en volant une créature
qui avait sur ses ailes toutes les couleurs de l'arc-en-ciel. Elle vola
vers lui et se posa sur son épaule.
"Ne sois pas triste, mon époux. A présent ma vision
s'est totalement réalisée, et ceux que j'aiderai désormais
à enseigner apporteront toujours aux autres la bonté de coeur,
la guérison et le bonheur. Quand ton heure viendra de te transformer
en esprit, je t'attendrai et te rejoindrai."
Quand l'homme changea de monde, quelques années plus tard,
et fut enterré, ses enfants restèrent en arrière après
que tous les autres s'en furent allés. Ils remarquèrent une
de ces nouvelles créatures magnifiques qu'ils appelaient papillons,
voletant près de la tombe. En quelques minutes un autre papillon d'égale beauté
sorti en volant de la tombe de leur père, rejoignit celui qui attendait
et, ensemble, ils volèrent vers le Nord, le lieu du renouveau.
Depuis ce temps-là les papillons sont toujours avec les
hommes, éclairant l'air et leur vie de leur beauté.
Légende
Iroquoise ( Seneca )
Trois Indiens vivaient dans une lointaine contrée. En ce
lieu désolé, entre la Lune et le Soleil, il n'y avait rien,
sinon de gros nuages.
Un soir les trois amis s'installèrent autour d'un feu afin
de discuter d'un grave problème. Le plus grand des trois se nommait
KA-NA-GA. Il déclara :
- Nous ne pouvons plus vivre en une telle contrée. Ici,
il n'y a pas d'arbres, pas de rivières, pas de gibiers.
- Tu as raison, dit le plus petit des trois Indiens. Ce pays est
réellement trop inhospitalier, le Soleil nous brûle la face
pendant que la Lune nous gèle le dos. - Et puis ajouta lE moyen, à marcher sur ces doux nuages,
nos pieds se ramollissent. Bientôt, nous ne pourrons plus courir
et nous ne vaudrons plus rien. - Nous devons partir d'ici ! Décida KA-NA-GA. Suivez-moi,
il doit bien y avoir un endroit plus agréable dans le vaste Monde. Les trois compères furent vite d'accord. Le plus petit
éteignit le feu avec des gouttes de rosée et le moyen dispersa
les cendres à l'aide d'un cil de la Lune.
Mais au moment de partir le petit objecta :
- Tout cela est bien beau, comment allons nous voyager ?
Nous ne possédons ni chien, ni traîneau. Nous n'avons
même pas de raquettes à nous mettre aux pieds pour nous déplacer
sur la neige poudreuse de ces nuages.
Une Tortue passa.
- J'ai une idée ! Clama KA-NA-GA. Et il interpella la Tortue
:
- Dis-moi grosse Tortue, toi qui ne cesses d'aller d'un bout à
l'autre de l'Univers, sais-tu s'il existe une contrée moins désertique
que celle-ci ?
La Tortue réfléchit toute une saison et dit :
- Il y a un millier de lunes, j'ai parcouru un Pays habité
par des hommes. Il se trouve là-bas à l'Ouest. Cependant,
je ne vous conseil pas d'y aller car c'est un endroit très dangereux.
- Crois-tu que nous ayons peur ? répliqua KA-NA-GA. Nous
allons grimper sur ton dos et tu vas nous y mener.
La Tortue émit un si gros rire que le ciel trembla.
- Êtes-vous fous ? Cela est impossible ! C'est très
loin, et je marche si lentement que vous seriez morts à moitié
du chemin.
Et la Tortue s'éloigna de son pas tranquille.
Un Renard sortit d'entre deux lambeaux de brume.
- Ohé, Renard ! Appela KA-NA-GA. N'es-tu pas réputé
pour courir très vite ?
- Si fait, répondit le Renard avec orgueil. Nul n'est plus
rapide que moi à la course.
- Tant mieux. Nous allons utiliser tes compétences, dit
KA-NA-GA. Tu vas nous conduire où vivent d'autres hommes. Et n'hésite
pas à filer comme l'éclair, nous nous cramponnerons à
ta fourrure.
Le Renard réfléchit à cette proposition le
temps d'une saison. Puis il partit d'un rire si grinçant que deux
nuages se fendirent et tombèrent en morceaux.
- Vous ne pourriez tenir dans cette position pendant tout le voyage.
Ne savez-vous pas que je perds mes poils chaque automne ? Au moment de
ma mue vous tomberiez dans le vide.
Et le Renard détala en se cachant derrière sa queue.
Un Aigle planait dans le ciel en chantant une berceuse. KA-NA-GA
hurla dans sa direction :
- Ecoute-moi un instant frère Aigle. Viens un peu ici,
nous avons à te parler.
Dans un énorme bruissement d'ailes, l'Aigle se posa devant
les Indiens. Une si forte tempête s'éleva que les trois amis
durent nouer leurs bras autour des pattes de l'Aigle pour ne pas s'envoler.
- Ne fais pas tant de vent, gentil Aigle, recommanda KA-NA-GA.
Dis-nous plutôt si tu acceptes de nous transporter au Pays où
habitent les hommes ?
L'Aigle tourna cette idée dans sa tête durant tout
un hiver et l'été qui suivit. Puis, il déclara :
- A mon avis, vous êtes bien mieux ici. Toutefois, si vous
désirez prendre le risque de pénétrer en ce Pays,
je peux vous y mener. Agrippez-vous aux plumes de mon cou car mon vol est
si puissant que vous pourriez glisser de mes ailes.
L'Aigle s'éleva dans les air set, plus rapidement qu'une
flèche, fila vers l'Ouest. Un vent glacial sifflait aux oreilles
des trois Braves.
Tout ce que l'Aigle survolait se changeait aussitôt en glace,
car l'Aigle était en réalité le père de toutes
les bourrasques.
Le voyage dura plus de siècles qu'il n'y a de doigts
sur deux mains. Lorsque la Lune et le Soleil ne furent plus que de petites
boules, pas plus grosses que les yeux d'une Taupe, une grande étendue
verdoyante apparut sous la poitrine de l'Aigle. C'était un endroit
magnifique.
Il y avait des arbres, des rivières et du gibier en abondance.
Il y avait aussi des hommes ! Mais au lieu de s'abriter du Soleil sous
les arbres, de se baigner dans les rivières et de chasser pour manger,
ils se disputaient, se battaient et s'entretuaient.
- Je vous l'avais bien dit ! Remarqua l'Aigle. Rien n'est plus
risqué que de côtoyer ces hommes.
Les Braves furent dépités de voir un si bel endroit
aussi peu apprécié par des êtres qui n'en avaient pas
conscience. L'Aigle battit des ailes afin de freiner son élan et
se posa sur le sommet d'une montagne. Instantanément, il neigea
et le pic se couvrit de glace. L'Aigle dit en riant :
- Cette montagne aura maintenant ses neiges éternelles.
Elle est d'ailleurs bien plus belle avec des cheveux blancs.
Les Indiens furent de cet avis.
KA-NA-GA repèra une Belette blottie au fond de son trou.
- Holà, soeur Belette ! Pourquoi te caches-tu ainsi ? Aurais-tu
peur de nous ?
- C'est vrai, j'ai peur, admit la Belette. Les hommes sont si
mauvais que je dois vivre continuellement au fond d'un terrier.
Les trois Braves caressèrent le petit animal pour lui montrer
leurs bonnes intentions et l'apprivoiser.
Lorsque la Belette fut totalement rassurée, KA-NA-GA
l'interrogea :
- Toi, Belette, qui passe ton temps à observer les hommes
de ton trou, dis-nous pourquoi ils sont aussi méchants ?
- Ce n'est pas de leur faute, répondit-elle. Jusqu'ici
personne n'a jamais pris la peine de leur expliquer ce qu'est le bien et
le mal. Ils ne possèdent aucune légende à laquelle
se référer afin de vivre en communauté.
- Eh bien, je vais inventer des légendes pour ces hommes,
décréta KA-NA-GA. Il saisit un rayon de Soleil, en fit un Cercle et le suspendit
à son cou à l'aide d'un lacet de cuir. Enfin il dit :
- Maintenant, tout ce qui aura la forme d'un Cercle sera Magique
et Sacré. Il me suffira de toucher du doigt cette puissante médecine
qui pend sur ma poitrine pour que je prenne n'importe quelle apparence
et que je puisse me transporter en n'importe quel endroit. J'en aurai besoin,
car il me faudra parcourir bien du chemin et changer de corps très
souvent.
Puis il se tourna vers le petit :
- Toi, tu te peindras en noir, tu seras un mauvais génie.
Chacun de vous deux exercera ses pouvoirs, car je crois qu'il faut laisser
aux hommes la liberté de choisir entre le mal et le bien.
Cette faculté s'appellera " conscience "
Et KA-NA-GA toucha de son Cercle de lumière le bec de l'Aigle
:
- Toi, l'Aigle, tu survoleras constamment cette Terre et enseigneras
aux hommes de sages règles de conduite. Tu seras l'image vivante
du Grand Esprit !
Chacun partit dans une différente direction.
Et c'est ainsi que KA-NA-GA parcourut le Monde en inventant des
légendes dont les êtres humains avaient besoin.
Prière amérindienne
"O Grand Esprit, dont j'entends la voix dans les vents et dont
le souffle donne vie à toutes choses, écoute-moi. Je viens
vers toi comme l'un de tes nombreux enfants; je suis faible... je suis
petit.. j'ai besoin de ta sagesse et de ta force. Laisse-moi marcher dans
la beauté, et fais que mes yeux aperçoivent toujours les
rouges et pourpres couchers de soleil. Fais que mes mains respectent les
choses que tu as créées, et rends mes oreilles fines pour
qu'elles puissent entendre ta voix. Fais-moi sage, de sorte que je puisse
comprendre ce que tu as enseigné à mon peuple et les leçons
que tu as cachées dans chaque feuille et chaque rocher. Je te demande
force et sagesse, non pour être supérieur à mes frères,
mais afin d'être capable de combattre mon plus grand ennemi, moi-même.
Fais que je sois toujours prêt à me présenter devant
toi avec des mains propres et un regard droit. Ainsi, lorsque ma vie s'éteindra
comme s'éteint un coucher de soleil, mon esprit pourra venir à
toi sans honte."
Tout ce que fait un indien
il le fait dans un cercle... Il en est ainsi parce que le pouvoir de l'univers
opère toujours en cercles et que toute chose tend à être
ronde. Dans les temps anciens, lorsque nous étions un peuple heureux
et fort, notre pouvoir nous venait du cercle sacré de la nation,
et tant qu'il ne fut pas brisé, notre peuple a prospéré.
Tout ce que fait le Pouvoir de l'Univers se fait dans un cercle. Le ciel
est rond et j'ai entendu dire que la terre est ronde comme une balle et
que toutes les étoiles le sont aussi. Le vent, dans sa plus grande
puissance, tourbillonne. Les oiseaux font leur nid en rond, car leur religion
est la même que la nôtre. Le soleil s'élève et
redescend dans un cercle. La lune fait de même, et ils sont ronds
l'un et l'autre. Même les saisons, dans leur changement, forment
un grand cercle et reviennent toujours où elles étaient.
La vie d'un homme est un cercle d'enfance à enfance, et ainsi en
est-il de toute chose où le Pouvoir se meut. Ainsi nos tentes étaient
rondes comme les nids des oiseaux et toujours disposées en cercle,
le cercle de la nation, nid fait de nombreux nids où nous couvions
nos enfants selon la volonté du Grand Esprit.
Prière indienne
Quand je ne serai plus là, relâchez-moi, Laissez-moi partir, J’ai tellement de choses à faire
et à voir Ne pleurez pas en pensant à moi, Soyez reconnaissants pour les belles années, Je vous ai donné mon amitié, Vous pouvez seulement deviner Le bonheur que vous m’avez apporté. Je vous remercie de l’amour que chacun
m’avez démontré, Maintenant, il est temps de voyager seul. Pour un court moment vous pouvez avoir
de la peine. La confiance vous apportera réconfort
et consolation. Nous serons séparés pour
quelque temps. Laissez les souvenirs apaiser votre douleur, Je ne suis pas loin, et la vie continue... Si vous avez besoin, appelez-moi et je
viendrai, Même si vous ne pouvez me voir ou
me toucher, je serai là, Et si vous écoutez votre coeur,
vous éprouverez clairement La douceur de l’amour que j’apporterai. Et quand il sera temps pour vous de partir, Je serai là pour vous accueillir. Absent de mon corps, présent avec
Dieu. N’allez pas sur ma tombe pour pleurer, je ne suis pas là, je ne dors pas, Je suis les mille vents qui soufflent, Je suis le scintillement des cristaux de neige, Je suis la lumière que traverse les champs de blé, Je suis la douce pluie d’automne, Je suis l’éveil des oiseaux dans
le calme du matin, Je suis l’étoile qui brille dans
la nuit, N'allez pas sur ma tombe pour pleurer, Je ne suis pas là, Je ne suis pas mort.
(prière indienne)
Autour de l'arc-en-ciel...
Mythes religieux
Les gens, tout autour de la Terre, ont des
croyances et des façons différentes de voir et de comprendre
la même chose. On peut être sûr que lorsqu'un arc-en-ciel
apparaît, tout le monde est pris par sa magie et sa beauté.
Il n'y a pas de doute à cela. Quelle est la vraie signification
de l'arc-en-ciel?
L'arc-en-ciel ressemble à un pont géant
ou à une porte et il est souvent nommé « le chemin
du ciel ». Plusieurs personnes croient que l'arc-en-ciel est un rayon
de lumière qui tombe sur la Terre lorsque saint Pierre ouvre les
portes du ciel pour laisser entrer une autre âme. À Hawaii,
en Polynésie, en Autriche, au Japon et pour quelques tribus amérindiennes,
l'arc-en-ciel est le chemin que les âmes prennent dans leur route
vers le ciel et on l'appelle le pont ou l'échelle pour aller plus
haut ou dans d'autres mondes. Les Russes disent que l'arc-en-ciel est la
porte du ciel. En Nouvelle-Zélande, les chefs morts voyageaient
sur l'arc-en-ciel jusqu'à leur nouvelle maison. D'autres mythes
racontent que l'arc est un ruisseau où les âmes s'abreuvent.
Le Zoulou d'Afrique du Sud nomme l'arc-en-ciel « the Queen Arch »
parce que c'est une des charpentes qui soutient la maison de la Reine du
ciel. En Allemagne, le second arc-en-ciel plus pâle qui peut être
observé parfois au-dessus du premier est perçu comme le travail
de Satan qui tente de surpasser Dieu.
En Polynésie,
l'arc-en-ciel est le chemin pris par les dieux eux-mêmes. En Norvège,
un géant du nom de Heimdal se tient sur un pont arc-en-ciel et fait
la communication entre le ciel et la terre. Heimdal a l'ouïe tellement
fine qu'il est capable d'entendre l'herbe pousser. Il garde Asgard, la
maison des dieux norvégiens.
Au Groenland,
l'arc-en-ciel est l'ourlet des vêtements des dieux. Les Samoyèdes,
le peuple mongol de Sibérie et les gens du peuple cherokee disent
que c'est l'ourlet du manteau du dieu Soleil. Le fait que les Américains
et les Mongols partagent le même mythe est peut-être une preuve
de plus que l'Amérique et l'Asie étaient reliés autrefois.
Cela expliquerait que les gens des deux côtés du Pacifique
ont un héritage commun. Les anciens Welchs croyaient que c'était
la chaise des déesses. En Croatie, c'était le siège
de Dieu. La Bible compare l'arc-en-ciel à l'éclat du trône
de Dieu. Au Mozambique, l'arc-en-ciel est vu comme une arme victorieuse
de Dieu. En Afrique, l'arc-en-ciel encercle la Terre et il est un gardien
du ciel.
Dans les mythes allemands,
l'arc-en-ciel est le bol utilisé par Dieu pour tenir ses pinceaux
lorsqu'il colore les oiseaux. Le peuple Luyia du Kenya croit que Dieu a
créé la pluie et que toute l'eau dans le monde vient de lui.
Pour arrêter la pluie, lorsqu'elle n'est pas nécessaire, Dieu
fait deux arcs-en-ciel, le plus étroit étant le mâle
et le plus large étant la femelle. L'arc-en-ciel mâle ne peut
pas arrêter la pluie par lui-même, mais lorsqu'il est suivi
par la femelle, la pluie cesse. Certains peuples amérindiens croient
que l'arc-en-ciel est fait des âmes des fleurs sauvages qui ont vécu
dans la forêt et des muguets des prairies.
Un mythe japonais
raconte que le premier homme, Isanagi, et la première femme, Isanami,
qui sont restés sur le pont flottant du ciel ont créé
l'île d'Onogro. Ils ont ensuite marché sur la Terre
sur ce pont arc-en-ciel nommé Niji. Ils ont regardé les animaux
et ils ont appris ainsi comment faire l'amour. Ils ont regardé les
oiseaux et ils ont appris à manger avec des baguettes.
À Kauai,
la déesse de l'arc-en-ciel est Anuenue. Il y a une histoire concernant
un enfant du nom de Ua, nom qui veut dire pluie, qui serait tombé
du haut d'une falaise. Anuenue a utilisé son arc-en-ciel pour arrêter
la chute de l'enfant et le sauver. L'enfant y est monté pour épouser
Kulu-'i-ua, le fils du chef d'une tribu rivale. Leur mariage a apporté
la paix sur l'île de Kauai.
La tribu stoney
croit que les géants habitaient le monde lorsqu'ils étaient
très jeunes. Un jour, le chef de ces géants a atteint le
ciel et il a saisi un arc-en-ciel géant afin de l'utilisé
comme arc pour la chasse. Lorsqu'il l'a saisi, l'arc s'est coloré.
Le géant est devenu tellement fâché qu'il a lancé
l'arc contre une montagne. L'arc s'est brisé et ses pièces
sont tombées dans le lac. Parfois au lever du soleil, les couleurs
de l'arc-en-ciel détruit apparaissent dans l'eau du lac. Le pouvoir
des esprits fait maintenant des arcs plus petits : ce sont ceux que nous
pouvons voir aujourd'hui.
Pour plusieurs bouddhistes,
les sept couleurs de l'arc-en-ciel représentent les sept planètes
et les sept régions de la Terre. Ils disent aussi que l'arc-en-ciel
est la région la plus haute du sansara avant la fin du jour au nirvana
ou au ciel. En Arabie, l'arc-en-ciel est une tapisserie posée par
les mains du vent du sud. Il se nomme aussi « arc de nuages »
ou « arc d'Allah ». En Islam, l'arc-en-ciel est constitué
de quatre couleurs, le rouge, le jaune, le vert et le bleu. Chaque couleur
représente un des quatre éléments de la Terre (air,
eau, terre et feu).
Inde Dans les mythes de l'Inde,
la déesse Indra ne transporte pas seulement des coups de tonnerre
comme le dieu grec Zeus, elle peut aussi transporter un arc-en-ciel, connu
comme l'arc ou l'arme d'Indra. Une partie des mythes de l'Inde dit que
Dieu aurait submergé toutes les formes de vie dans un océan
de lait. Airavata, un éléphant blanc sacré dont le
nom veut dire arc-en-ciel, fut une des premières créatures
à naître du lait.
Chrétiens Dans la chrétienté, l'arc-en-ciel
représente le pardon, la réconciliation entre Dieu et l'humanité.
C'est le trône du Dernier Jugement. Dans l'ancien symbolisme chrétien,
les principales couleurs de l'arc-en-ciel étaient le rouge, le bleu
et le vert, pour le feu, l'eau et la terre. L'arc-en-ciel était
parfois vu comme la Vierge Marie qui menait le ciel et la terre en harmonie.
L'Ancien Testament dit que Dieu a montré
à Noé un arc-en-ciel après que le déluge se
fut arrêté; c'était un signe que Dieu n'infligerait
plus jamais de déluge à la Terre.
Mayas Le livre des Mayas, qu'on appelle le "Chilam
Balam", parle de la destruction d'un des mondes mayas par une pluie ardente
qui convrit ciel et terre de cendres. Ceux qui échappèrent
au violent tremblement de terre et évitèrent les arbres qui
tombaient et les roches géantes virent un arc-en-ciel apparaître
comme un signe que la destruction allait finir et qu'un nouvel âge
allait commencer. Les Mayas croyaient que la déesse des arcs-en-ciel
était Ixchel, la femme du dieu Itzamna. Elle était aussi
l'esprit associé à la lune, à la sexualité,
à l'accouchement et à la médecine. Une histoire mexicaine
similaire, de l'État de Michoacan, raconte que Mauina, la déesse
de la fertilité, vit sous un arc-en-ciel dans le jardin de la pluie
et de l'eau.
Navajos Les Navajos croient que les dieux voyagent
sur les arcs-en-ciel parce qu'ils se déplacent rapidement. Ils savent
que si tu cours vers le bout de l'arc-en-ciel, celui-ci se déplace
plus loin avant que tu sois là, peu importe la vitesse à
laquelle toi, tu te déplaces. Ils ont aussi représenté
l'arc-en-ciel comme étant le pont entre le monde des humains et
celui des morts. Ils disent que l'arc-en-ciel transporte les héros
entre le ciel et la terre. Les Navajos disent aussi que l'arc-en-ciel est
la déesse qui apparaît durant le chant rituel pour guérir
les malades.
Indiens Il existe une histoire parmi les gens de Shasta
qui dit que le Soleil utilise les couleurs de l'arc-en-ciel pour se peindre
lui-même lorsqu'il vient sur la Terre comme un Shaman ou un Homme
de médecine. Les Yukis de Californie croient
que les arcs-en-ciel sont les vêtements multicolores du Grand Esprit,
celui qui a créé toute existence.